03 August 2025 – En 2023, le Sénégal a signé l’accord #JETP (Just Energy Transition Partnership), qui ouvre l’accès à un financement de 2,5 milliards d’euros destiné à accélérer le développement des énergies renouvelables, pour porter leur part à 40 % du mix électrique d’ici 2030. Cette initiative s’inscrit dans un contexte particulier, alors que le Sénégal s’apprête à devenir un grand producteur de gaz naturel et a donc logiquement orienté sa stratégie vers une augmentation des centrales à gaz pour répondre à la demande croissante en électricité bon marché. Le programme renouvelable du JETP est vu comme une solution pour éviter “un verrouillage au gaz”, c’est à dire une dépendance excessive au gaz et une empreinte carbone lourde pour des décennies.
Cependant, l’opposition entre gaz et renouvelables est peu pertinente.
Explications ⇓
1. Accroître rapidement l’accès à une électricité fiable et abordable pour toute la population est la priorité absolue du Sénégal. L’énergie renouvelable, en particulier solaire, est déjà la source de production d’électricité nouvelle la moins chère disponible pour le pays, une tendance mondiale qui va s’accélérer. Les modélisations produites par Wärtsilä montrent clairement que la maximisation des énergies renouvelables dans le mix énergétique du Sénégal est bénéfique, tant sur le plan économique qu’en terme d’émissions.
2. Une plus grande part d’énergie renouvelable réduit le coût global du système, mais nécessite plus de flexibilité. Un réseau électrique avec une part élevée d’énergies renouvelables génère de l’instabilité en raison de leur nature intermittente, nécessitant donc plusieurs formes de flexibilité pour réagir en temps réel aux variations de l’offre et de la demande. Chaque mégawatt de capacité renouvelable intermittente installée doit être associé à des niveaux de flexibilité correspondants.
3. Pour équilibrer le réseau, les opérateurs peuvent utiliser deux technologies d’équilibrage complémentaires : les centrales électriques à moteurs et les systèmes de stockage. Les centrales électriques à moteurs peuvent démarrer et être synchronisées au réseau en moins de 5 minutes et peuvent monter ou descendre en charge très rapidement sans impact sur leur maintenance et sont utilisées chaque fois que la capacité renouvelable est insuffisante. Elles peuvent fonctionner au gaz ou aux carburants décarbonés comme l’hydrogène. Les systèmes de stockage, quant à eux, stockent les excès de production d’électricité renouvelable.
4. Associer le gaz et le renouvelable est la stratégie énergétique la plus optimale en termes de coût (et la plus réaliste) pour le Sénégal. Elle se caractérise par un fort déploiement des énergies renouvelables associé principalement à des nouvelles centrales à moteurs ultra-flexibles pour équilibrer le réseau. La supériorité économique de cette stratégie est démontrée dans tous les scénarios modélisés par Wärtsilä.
5. Last but not least : le concept de « verrouillage au gaz » est devenu technologiquement obsolète. Les centrales électriques à moteurs flexibles fonctionnant au gaz naturel peuvent être converties pour fonctionner avec des carburants décarbonés tels que l’hydrogène vert. C’est déjà une réalité concrète. Lorsque ces carburants seront plus largement disponibles, le système électrique aura drastiquement réduit sa dépendance au gaz.
Pour conclure, voici les questions clés à poser pour la suite :
– Quelle quantité de capacité électrique flexible sera nécessaire pour assurer la stabilité du réseau avec une part croissante de renouvelables intermittents ?
– A quel rythme annuel les technologies renouvelables et d’équilibrage doivent-elles être déployées ?
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